Le RPG Arc-en-ciel, ancien parti au pouvoir, ne mâche pas ses mots. À travers une prise de position ferme, il exige la fin de la transition au 31 décembre 2024, sans concession ni report. Pour ce parti, le temps des ambiguïtés est révolu, et la Guinée doit renouer avec l’ordre constitutionnel dans les délais fixés.
Un processus constitutionnel sous le feu des critiques
Au cœur des reproches formulés par le RPG Arc-en-ciel se trouve l’avant-projet de la nouvelle constitution. Pour Aboubacar Demba Dansoko, membre influent du bureau politique national, ce texte suscite plus d’inquiétudes qu’il n’apporte de réponses. Selon lui, l’absence de dispositions transitoires dans le document est un véritable piège juridique.
« Quand une transition suspend une constitution, elle doit en prévoir les mécanismes de gestion. Or, cet avant-projet instaure des institutions parallèles ou concurrentes, sans préciser le sort des entités suspendues ou celles qui seront réhabilitées », s’est-il insurgé.
Plus encore, Dansoko souligne un danger majeur : la possibilité, en l’absence de garde-fous explicites, que les autorités actuelles profitent du flou juridique pour briguer des postes lors des prochaines élections. Une hypothèse qu’il qualifie d’inacceptable et contre laquelle il appelle à la vigilance.
Le spectre du flou juridique
Le RPG Arc-en-ciel dénonce une stratégie calculée de la transition, basée sur une ambiguïté législative volontaire. Pour le parti, l’inclusion des articles 46, 55 et 65 de la Charte de la transition dans la nouvelle constitution est une nécessité. Ces articles permettraient de clarifier les rôles, d’empêcher toute tentative de prolongation indue du pouvoir et de baliser le chemin vers des élections libres et équitables.
« Si la loi n’est pas verrouillée, elle devient une arme à double tranchant. Et le CNRD semble miser sur cette opacité », a averti Dansoko.
Un ultimatum sans appel
La position du RPG Arc-en-ciel est claire : la transition doit impérativement s’achever au 31 décembre 2024. « Pas une heure de plus », insiste Dansoko, dans un ton qui ne laisse place à aucun compromis.
Le parti en appelle à la classe politique et à la société civile pour mobiliser et exercer une pression collective. Pour lui, l’actuel processus de vulgarisation de l’avant-projet constitutionnel est une fuite en avant. « Comment peut-on présenter à la population un texte amendable comme un document finalisé ? », s’interroge Dansoko, fustigeant ce qu’il perçoit comme une manipulation.
Une vigilance accrue
Dans ce contexte, le RPG Arc-en-ciel invite tous les acteurs à ne pas baisser la garde. La bataille pour un retour à la démocratie ne fait que commencer, et chaque jour compte dans ce bras de fer avec les autorités de transition.
En Guinée, le compte à rebours vers 2024 est lancé. Si la transition espérait manœuvrer dans l’ombre, elle devra désormais composer avec une opposition résolue à ne rien laisser passer. La scène politique se durcit, et l’échéance de décembre s’annonce comme un point de bascule décisif.