Conakry, vendredi 5 avril 2025.
Sous le regard attentif du Premier ministre et des partenaires techniques et financiers, le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, a pris la parole pour faire le point sur l’état d’avancement du quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH4). L’enjeu est de taille : finaliser ce recensement d’ici juin, une étape jugée cruciale pour la transition en cours.
« Nous sommes à un tournant décisif », a lancé le ministre d’un ton grave mais confiant. Car si la cartographie censitaire est déjà terminée, les premiers chiffres font l’effet d’un électrochoc : la Guinée compte aujourd’hui 17 millions d’habitants, contre 14 millions projetés initialement.
Un chiffre qui bouscule bien des prévisions. « Pour le pèlerinage de cette année, nous comptons 10 000 pèlerins. Cela représentait autrefois 10 % de la population, mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Ces nouvelles données changent la donne », a-t-il illustré, soulignant les écarts avec les estimations antérieures.
Mais ce bond démographique a un coût. Le ministre Nabé a reconnu que le calendrier initial avait été dépassé, engendrant une hausse des dépenses. « Le budget a connu une augmentation de 20 à 30 %. Nous sommes ici pour présenter cette situation au Premier ministre », a-t-il indiqué, conscient des répercussions économiques.
Face à cette réalité, la pression monte. Le chef du gouvernement a exigé que le processus soit bouclé sans plus tarder. « Le Premier ministre a donné des instructions fermes : le recensement doit être achevé d’ici le mois de juin », a conclu le ministre.
Alors que le pays avance vers des échéances politiques importantes, ce recensement devient bien plus qu’un simple exercice statistique : un socle de légitimité et de planification, dans une Guinée qui redécouvre son vrai visage démographique.
Alpha Amadou Diallo