Ce lundi matin, devant le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, un vent de colère soufflait sur la capitale. Une centaine d’enseignants-chercheurs des universités Gamal Abdel Nasser de Conakry et Général Lansana Conté de Sonfonia se sont rassemblés pour dénoncer une situation qu’ils jugent profondément injuste. Vêtus de tenues de travail et munis de banderoles, ces 103 enseignants ont exprimé leur mécontentement en criant haut et fort leur exigence : être intégrés dans la fonction publique, après des années de services rendus à l’enseignement supérieur guinéen.
Parmi les slogans inscrits sur les pancartes, on pouvait lire : « À bas l’injustice », « À bas l’exploitation intellectuelle » et « Rétablissez les enseignants-chercheurs dans leurs droits ». Des revendications qui traduisent la frustration et l’amertume de ceux qui, pour certains, attendent depuis près de dix ans pour voir leur situation régularisée. « Nous avons passé entre six et dix ans à servir ces établissements sans reconnaissance officielle, sans statut », expliquait l’un des manifestants. « Et pourtant, aucun signe concret de titularisation n’est venu de la part des autorités compétentes. »
Les enseignants-chercheurs dénoncent également un système de recrutement qu’ils jugent opaque et corrompu. Loin d’être un cas isolé, cette dénonciation d’un processus qu’ils jugent biaisé fait écho à des plaintes répétées sur l’existence de pratiques douteuses, que ce soit dans les critères de sélection ou dans les promotions au sein de leurs institutions.
Au cœur de cette protestation, un appel à la révision urgente des critères d’intégration et à la promotion des enseignants-chercheurs dans le respect de leurs droits. Selon eux, il est essentiel de mettre fin à ce qu’ils considèrent comme une exploitation des ressources intellectuelles du pays, sans véritable considération pour le travail fourni par ceux qui œuvrent pour l’avenir du savoir en Guinée.
« Nous voulons que la justice soit faite », insiste un autre manifestant. « Nous avons investi notre temps, notre énergie et notre savoir au service du pays. Il est temps qu’on reconnaisse notre valeur. »
Ce mouvement de protestation, qui a attiré l’attention de nombreux passants, n’est que la première étape d’une lutte qui s’annonce longue. Les enseignants-chercheurs se disent déterminés à faire entendre leur voix, et promettent de multiplier les actions si leurs demandes ne sont pas prises en compte.
Nous reviendrons plus en détail sur cet événement dans nos prochaines éditions.
Saliou Keita