Après 24 ans à la tête de la Syrie, Bachar el-Assad a été renversé en décembre 2024. Celui qui avait survécu à une guerre civile dévastatrice et aux sanctions internationales n’a pas résisté à une offensive rebelle éclair, marquant la fin de cinq décennies de domination de la dynastie Assad.
Un règne forgé dans le sang et la répression
Arrivé au pouvoir en 2000 après la mort de son frère aîné Bassel, Bachar el-Assad était initialement perçu comme un potentiel réformateur. Mais les espoirs de changement se sont vite évanouis face à une gouvernance autoritaire et répressive. Soutenu par la Russie et l’Iran, il a consolidé son régime par la violence et les violations des droits humains.
Le soulèvement populaire de 2011, dans le sillage du Printemps arabe, a plongé la Syrie dans une guerre civile sanglante. Malgré l’indignation mondiale et des accusations de crimes de guerre, y compris l’utilisation d’armes chimiques, Assad est resté au pouvoir. L’intervention militaire russe en 2015 lui a permis de reprendre des territoires stratégiques, même si le pays est resté dévasté et fragmenté.
Le tournant décisif
Tout a basculé fin 2024. Fragilisé par le désengagement militaire de la Russie, occupée par sa guerre prolongée en Ukraine, et par l’affaiblissement de l’Iran, embourbé dans un conflit direct avec Israël, le régime syrien s’est retrouvé isolé.
Une coalition rebelle hétéroclite, menée par Hayat Tahrir al-Sham et l’Armée syrienne libre, a lancé une offensive fulgurante. En 12 jours, les grandes villes d’Alep, Homs et Damas sont tombées. Abandonné par une armée démoralisée, Assad a pris la fuite, scellant la fin de son règne autoritaire.
L’après-Assad : espoir ou chaos ?
Le départ de Bachar el-Assad ouvre une nouvelle ère pour la Syrie. Mais l’avenir reste incertain dans un pays encore ravagé par des années de guerre, de divisions sectaires et d’ingérences étrangères. Reste à voir si cette chute brutale signera le début d’une reconstruction ou d’une nouvelle période de troubles.
Algassimou L Diallo