Alors que les insurgés annonçaient avoir pris le contrôle des villes de Deraa et celle de Soueida dans le sud-est du pays, plus au nord, les rebelles continuent d’avancer en direction d’Homs. Troisième ville du pays, elle est considéré comme clé par le régime de Bachar al-Assad, car elle ne se situe qu’à 150 kilomètres de la capitale Damas.
Les rebelles continuent d’avancer, malgré les déclarations de l’armée syrienne qui dit reprendre le contrôle des provinces de Homs et de Hama et avoir redéployé des troupes dans les celles de Deraa et Soueida. Ce samedi matin, les islamistes radicaux du HTS ne sont plus qu’à quelques encablures de Homs. Si d’aventure, ils parvenaient à prendre cette ville, la troisième du pays, ils s’ouvriraient la voie pour rejoindre Damas qui n’est qu’à 150 kilomètres au sud. C’est donc un moment clé dans le conflit syrien.
D’autant plus qu’au sud, en prenant la province de Deraa, les rebelles sont désormais à 20 kilomètres de Damas ont indiqué, samedi, un commandant rebelle et une ONG. Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), a déclaré à l’AFP que des combattants rebelles locaux contrôlaient désormais toute la province de Deraa. « Nous sommes maintenant à moins de 20 km de l’entrée sud de la capitale Damas », a indiqué de son côté Hassan Abdel Ghani, un commandant rebelle.
Face à cette avancée fulgurante des différents groupes rebelles, certains pays voisins commencent à s’inquiéter. C’est le cas notamment de la Jordanie qui a appelé la nuit dernière ses concitoyens à quitter le plus tôt possible la Syrie, même si du côté des rebelles, on tente de rassurer. « Nous invitons toutes les confessions à être rassurées et à soutenir les mouvements des révolutionnaires, car l’ère du sectarisme et de la tyrannie est révolue à jamais » a notamment déclaré ce matin à un commandant du HTS.
Sommet Turquie – Russie – Iran à Doha
C’est dans ce contexte que ce samedi des dirigeants turcs doivent rencontrer leurs homologues iraniens et russes à Doha au Qatar. Les représentants des trois puissances impliquées dans le processus d’Astana, un processus mis en place en 2017 dans le but de mettre fin à la guerre civile en Syrie, sont au Qatar à l’occasion du Forum de Doha, une réunion politique. Mais pour l’instant, rien n’a filtré sur la nature des discussions qui doivent se tenir.
La Turquie, avec le Qatar, a toujours soutenu certaines forces antigouvernementales en Syrie, tandis que la Russie et l’Iran sont des alliés du régime de Bachar al-Assad. Des alliés qui pourraient prendre leurs distances, comme le laisse entendre la chaîne émiratie, Sky News Arabia, selon qui, Moscou aurait informé Damas que ses interventions resteront limitées.
Les alliés de Damas en difficulté
Comme Damas, Téhéran et Ankara, Moscou a été surprise par la rapidité de l’offensive rebelle. Le rôle des Russes, essentiel pour Assad les premières années de la guerre civile, est d’autant plus affaibli que l’Iran, le soutien au sol du dirigeant syrien, est aussi en difficulté.
Moscou, qui a fait de la Syrie le point d’appui de son influence au Moyen-Orient et en Afrique, conserve depuis 1971 une base navale dans le port de Tartous (centre), sur les rives de la Méditerranée. Cette installation constitue un site essentiel de ravitaillement et de réparation des navires russes en Méditerranée, qui peuvent regagner la mer Noire sans passer par les détroits turcs. Et en 2015, les Russes y ont ajouté la base aérienne de Hmemim, plus au nord.
Rfi