Conakry – L’atmosphère politique se tend en Guinée après les récentes déclarations du porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo. Accusé d’avoir été un « prisonnier politique » sous Alpha Condé, l’ancien parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel, contre-attaque et remet en cause cette version des faits. Lors d’une conférence, ses cadres ont vivement réagi, menaçant même de faire des révélations embarrassantes.
Dans une salle comble à Conakry, le ton est monté entre les cadres du RPG Arc-en-ciel et le gouvernement de transition. Face aux journalistes, l’ancien ministre Marc Yombouno n’a pas mâché ses mots. « Ousmane Gaoual affirme que le RPG a demandé le renversement du pouvoir. Est-ce que nous avons une seule fois appelé à cela ? Depuis le 5 septembre 2021, nous n’avons même pas organisé une marche de protestation contre le coup d’État », martèle-t-il, rejetant en bloc les accusations portées contre son parti.
Visiblement remonté, il poursuit : « Nous avons accepté le chronogramme de la transition, nous avons fait confiance au processus, nous avons même accepté l’évaluation des partis politiques. Nous n’avons jamais encouragé une rébellion. Si Ousmane Gaoual dit le contraire, c’est pour intoxiquer l’opinion nationale et internationale. »
Un avertissement lancé au gouvernement
Mais au-delà du démenti, le RPG Arc-en-ciel envoie un message clair : il ne souhaite pas être contraint à dévoiler certaines vérités. Faisant allusion à des événements passés, Marc Yombouno rappelle l’élection présidentielle de 2015 et les tensions qui l’avaient suivie. « Après le coup KO de 2015, Alpha Condé était dans sa légalité. Il n’était même pas question de troisième mandat. Mais qui a dit qu’il fallait l’éliminer ? Qui a affirmé que celui qui le ferait serait applaudi par le peuple ? Est-ce que le RPG avait réagi ? Non. Nous n’avons même pas fait de déclaration contre lui. Alpha Condé a-t-il intenté une action en justice contre lui ? Non plus. »
Un silence s’installe avant qu’il ne lâche : « Ousmane Gaoual ferait mieux de s’occuper de l’UFDG et de son CERAG, et de laisser le RPG en paix. »
Prisonnier politique ou détenu de droit commun ?
L’un des points les plus sensibles abordés par le RPG concerne le statut d’Ousmane Gaoual Diallo sous le régime d’Alpha Condé. Contrairement à ce que laisse entendre l’actuel porte-parole du gouvernement, l’ancien parti au pouvoir assure qu’il n’a jamais été un prisonnier politique.
« Qu’il nous dise de quoi il a été victime sous Alpha Condé ! C’est la justice qui l’a envoyé en prison pour tout ce qu’il avait fait contre la loi. Ce n’était pas un prisonnier politique », tranche Marc Yombouno. Avant d’ajouter, sur un ton énigmatique : « Et même là, était-il réellement en prison sous Alpha ? Nous connaissons la vérité. Il ne faut pas qu’il nous oblige à parler. »
Un avertissement à peine voilé qui laisse planer le doute sur ce que le RPG Arc-en-ciel pourrait révéler si le bras de fer venait à s’intensifier.
Avec ces déclarations incendiaires, le débat est désormais relancé. L’ancien parti au pouvoir joue-t-il la carte de la pression politique ou détient-il des informations capables de déstabiliser l’actuel gouvernement ? Une chose est sûre : dans le climat politique incertain de la Guinée, chaque parole pèse lourd, et les prochains jours risquent d’être décisifs.
Amadou Diallo