C’est une lettre écrite à l’encre du remords et scellée par un serment de fidélité renouvelée. À Macenta, dans la forêt guinéenne, le secrétaire fédéral de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Moussa Kourouma, tente de réparer ce qu’il qualifie lui-même d’« erreur grave ». Après avoir signé un document appelant au départ du président de son parti, Cellou Dalein Diallo, il revient sur ses pas, tête baissée, en quête de pardon.
Le 4 avril 2025, l’homme politique adresse un courrier solennel à son leader, intitulé sans détour : « Demande de pardon et réaffirmation de mon engagement indéfectible ». Dans cette missive, il implore le pardon de Cellou Dalein Diallo, exprimant ses « profondes humilités et sincères regrets ».
Au cœur de ce revirement : un document contesté, qu’il reconnaît avoir signé « sans mesurer la portée réelle de son contenu », manipulé, selon lui, par « certains cadres agissant en dehors de tout mandat officiel ». Moussa Kourouma dénonce une « tromperie », mais n’esquive pas sa part de responsabilité. « J’assume pleinement les conséquences de mes actes », écrit-il, tout en exprimant ses « plus sincères excuses pour la peine et les préjudices causés ».
Mais au-delà de la contrition, c’est un serment renouvelé qu’il adresse à Cellou Dalein Diallo. « Cette erreur ne se reproduira plus jamais », promet-il. Et de conclure sur un ton solennel : « Ma confiance et mon soutien à votre égard demeurent inébranlables. Plus que jamais, je suis déterminé à me consacrer pleinement à notre cause commune et à œuvrer à vos côtés jusqu’à la victoire finale. »
Dans les rangs de l’UFDG, cette lettre suscite des réactions partagées. Pour certains militants, il ne s’agirait que d’un retour stratégique dicté par la peur d’une exclusion ou d’un isolement politique. Pour d’autres, c’est la preuve que, malgré les tensions internes, l’autorité de Cellou Dalein Diallo reste intacte au sein du parti.
Une chose est sûre : à Macenta, la discipline de parti a parlé. Et Moussa Kourouma en a tiré les leçons, plume à la main.
Amadou Diallo