“Ce mémo a été écrit uniquement dans le souci d’aider le président Cellou à prendre des décisions éclairées afin de sauver le parti du naufrage certain que tout le monde redoute aujourd’hui.” C’est avec cette phrase lourde de sens que Joachim Baba Millimouno, Coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG, tente de calmer la tempête provoquée par la fuite d’un document interne.
Ce mémorandum, rédigé par des secrétaires fédéraux de la Haute Guinée et de la Guinée forestière, n’était pas destiné au grand public. Et pourtant, le voilà au cœur d’une polémique qui agite les rangs du principal parti d’opposition guinéen.
Son contenu ? Une série de recommandations audacieuses à l’endroit de Cellou Dalein Diallo : réintégration des cadres exclus, transition vers une présidence d’honneur, et organisation d’un congrès unitaire. Des propositions qui, en interne, ont été perçues par certains comme une tentative de saper l’autorité du président du parti.
Face aux critiques, Joachim Millimouno assume. Il ne se cache pas :
“Oui, j’ai participé à cette réunion des fédéraux de la Haute Guinée et de la Forêt. Oui, j’ai aidé à la rédaction de ce mémorandum, je l’assume pleinement. Et il n’y a rien de mal à cela.”
Il insiste sur la légitimité de la démarche, rappelant que le document a été remis selon les procédures habituelles au secrétariat général du parti. “Il a été enregistré en bonne et due forme. Celui qui l’a reçu l’a annoté, et il a été inscrit dans le registre. C’est une pratique normale. Alors en quoi cela constituerait-il une trahison ?”
Pour lui, l’objectif est clair : sauver un parti en proie au doute et aux divisions croissantes. “Les gens expriment leur souci de préserver les acquis, de parler des problèmes que tout le monde connaît. Pourquoi cela devrait-il être perçu comme une conspiration ?”
Et de conclure, amer : “Le document n’était pas destiné au public. Il a fuité. Mais au fond, le vrai problème n’est-il pas que certains refusent d’entendre les vérités qui dérangent ?”
Entre appels à l’unité et suspicions de manœuvres internes, l’UFDG se retrouve une nouvelle fois face à ses propres démons.
Aziz Camara